Paon d'Art
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Festival de théâtre étudiant
Les 31 mars, 1er & 2 avril 2017 avec Le Grand Bleu

Orphée

Texte : Jean Cocteau
Spectacle proposé par la Comédie d'Ascalie (Centrale Nantes)

Résumé

« Vous connaissez le mythe : Orphée, le grand poète de Thrace, passait pour dompter les fauves. Or, il venait de réussir quelque chose de beaucoup plus difficile : il venait de charmer une jeune fille, Eurydice, de l’arracher au mauvais milieu des Bacchantes. La reine des Bacchantes, furieuse, empoisonna la jeune femme. Orphée obtint d’aller la chercher aux Enfers, mais le pacte lui interdisait de se retourner vers elle ; s’il se retournait, il la perdait pour toujours. Il se retourna. Les Bacchantes l’assaillirent et le décapitèrent, et, décapité, sa tête appelait encore Eurydice. Je vous résume la légende, suivie pas à pas dans ma pièce. J’y ai ajouté quelques personnages : l’ange Heurtebise, et la Mort, traitée dans le style des mystères du Moyen Âge, un commissaire qu’il vous semblera bien avoir déjà rencontré je ne sais où, et un cheval blanc. » Jean Cocteau, 7 décembre 1927. Le mythe d’Orphée, revisité par Jean Cocteau, prend un tour pour le moins léger et fantaisiste: loin du drame antique, la pièce de Cocteau joue sur l’anachronisme, le spectaculaire et l’insolite grâce à de multiples effets scéniques et à de savoureux dialogues.

Note d'intention

On raconte qu'Orphée était le fils d'un roi grec et d'une des neuf muses de la mythologie. Un être exceptionnel au destin hors norme. Car enfin on ne descend pas aux Enfers tous les jours, même pour aller chercher sa femme ! Mais l'histoire transmise par les Grecs, déformée par des siècles de transmission orale, n'est pas celle que nous allons vous conter. Loin du héros traditionnel, notre Orphée est imparfait, égoïste, et tente tant bien que mal de se faire une place dans un monde qui ne reconnaît pas (encore) son talent. Eurydice, quant à elle, est une femme délaissée, marquée par un profond ennui. Et pourtant, ces deux- là s’aiment. Ce n'est pas un amour fusionnel, encore moins un amour absolu ou parfait. Chamailleries, agacements, et souffrances rythment leurs relations. Et c'est justement pour ça que nous, comédien ou spectateur, on les aime. Orphée nous parle finalement de notre quotidien, de la difficulté de se mettre d'accord, de vivre à deux. Que nous présente Orphée, sinon ces composantes universelles que sont l'amour, le désir mais aussi le désespoir et la colère. Comment ne pas regarder celle qu'on aime quand elle est si proche de nous, à côté de nous ? Et, a contrario, comment survivre quand l'autre n'est pas là, n’est plus là ? Pour se poser de telles questions, toges et alexandrins sont-ils nécessaires ? Cette pièce de Jean Cocteau nous montre, à la fois avec force et fantaisie, que non. Dans notre Orphée, le langage est moderne, le décor simple et les comédiens apportent toute leur sensibilité et leur enthousiasme. Loin du pathos grec, on trouve dans cette pièce de Jean Cocteau une certaine légèreté, prouvant que même mort depuis longtemps, Orphée peut toujours revenir nous faire rêver...

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